Restaurant, boulangerie, supérette, magasin de prêt-à-porter : vos équipes sont au contact du public, des produits et parfois de risques réels. Le Code du travail et la réglementation alimentaire imposent plusieurs formations. Voici celles qui concernent le plus souvent les commerces de proximité.
Les obligations communes à tous les commerces
La formation à la sécurité, dès l’embauche
Tout employeur doit organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité pour chaque salarié qu’il embauche, et à chaque changement de poste ou de technique (Code du travail, article L4141-2). Elle porte sur les risques du poste, la circulation dans le magasin, les consignes d’évacuation et la conduite à tenir en cas d’accident.
C’est la formation la plus souvent oubliée dans les petites structures, alors qu’elle s’applique dès le premier salarié, y compris aux saisonniers et aux intérimaires.
Les premiers secours
L’employeur doit organiser les premiers secours dans l’établissement (articles R4224-15 et R4224-16). Former des Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) est la façon reconnue d’y répondre : deux jours de formation, un certificat valable 24 mois, puis un recyclage (MAC SST) d’une journée.
Dans un magasin ouvert six jours sur sept, deux SST permettent d’en avoir toujours un présent, même pendant les congés.
L’incendie et l’évacuation
Les consignes de sécurité incendie doivent être affichées et les salariés formés à l’utilisation des extincteurs et à l’évacuation, avec des exercices réguliers (articles R4227-28 et R4227-39). Dans un établissement recevant du public, c’est aussi un point vérifié lors des visites de la commission de sécurité.
La manutention
Mise en rayon, réception des livraisons, port de cartons ou de sacs de farine : dès que le poste comporte des manutentions manuelles, l’employeur doit former les salariés aux gestes et postures adaptés (article R4541-8). Les troubles musculo-squelettiques sont la première cause de maladie professionnelle dans le commerce.
L’électricité et les engins
- Un salarié qui intervient sur un tableau électrique, même pour réarmer un disjoncteur dans un local technique, doit être habilité par son employeur après une formation adaptée (article R4544-9). Pour un non-électricien, il s’agit en général de l’habilitation B0 H0V.
- La conduite d’un transpalette électrique à conducteur porté ou d’un chariot élévateur nécessite une autorisation de conduite délivrée par l’employeur, après une formation (article R4323-55).
Les obligations propres à la restauration et à l’alimentaire
L’hygiène alimentaire pour tous les manipulateurs
La réglementation européenne impose que toute personne qui manipule des denrées soit encadrée et formée aux règles d’hygiène adaptées à son activité (règlement (CE) n° 852/2004). Cela vaut pour le restaurant, mais aussi pour la boulangerie, la boucherie, le rayon traiteur ou la supérette qui prépare des sandwichs.
La formation de 14 heures en restauration commerciale
Les restaurants, cafés-restaurants, établissements de restauration rapide, de vente à emporter et les food trucks doivent en plus compter dans leur effectif au moins une personne ayant suivi une formation spécifique de 14 heures en hygiène alimentaire (Code rural, article L233-4). Cette formation doit être dispensée par un organisme enregistré auprès de la DRAAF : vérifiez-le avant de vous inscrire. Les personnes justifiant de trois ans d’expérience comme gérant ou exploitant d’un établissement alimentaire en sont dispensées.
Le plan de maîtrise sanitaire
Ce n’est pas une formation, mais une obligation documentaire : tout établissement alimentaire doit tenir un plan de maîtrise sanitaire (bonnes pratiques d’hygiène, méthode HACCP, traçabilité, autocontrôles). C’est le premier document demandé lors d’un contrôle des services vétérinaires. Le construire avec un formateur fait gagner beaucoup de temps.
Les allergènes et l’alcool
- Les 14 allergènes majeurs doivent être signalés au client, y compris pour les plats non emballés (règlement (UE) n° 1169/2011). Le personnel de salle doit savoir répondre.
- L’exploitant d’un établissement qui vend de l’alcool doit être titulaire d’un permis d’exploitation, obtenu après une formation spécifique et valable dix ans.
Récapitulatif
| Formation | Qui est concerné | Fréquence |
|---|---|---|
| Sécurité à l’embauche | Tous les salariés | À l’embauche et à chaque changement de poste |
| Sauveteur Secouriste du Travail | Une partie de l’équipe | Recyclage tous les 24 mois |
| Incendie et évacuation | Tous les salariés | Exercices réguliers |
| Gestes et postures | Postes avec manutention | À l’embauche, puis mise à jour |
| Habilitation électrique B0 H0V | Personnel accédant aux locaux électriques | Recyclage conseillé tous les 3 ans |
| Hygiène alimentaire | Tous les manipulateurs de denrées | Adaptée à l’activité |
| Hygiène 14 h (restauration commerciale) | Au moins une personne par établissement | Une fois |
Comment financer ces formations ?
Ces formations sont finançables par l’OPCO de votre entreprise : OPCO EP pour le commerce de proximité, l’artisanat et la boulangerie, L’Opcommerce pour le commerce de détail, AKTO pour l’hôtellerie et la restauration. Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient de prises en charge spécifiques, parfois à 100 %.
Vous recrutez ? La POEI et la POEC permettent de former vos futurs collaborateurs avant leur arrivée, avec France Travail et votre OPCO.
Faire le point sur vos obligations
Chaque commerce est différent. Nous vous proposons un audit gratuit de 20 minutes pour faire la liste des formations obligatoires dans votre établissement, et vérifier ce que votre OPCO peut financer.
- Formation SST à Nanterre
- Hygiène alimentaire et méthode HACCP
- Plan de maîtrise sanitaire
- Habilitation électrique B0 H0V
- Parcours vente et gestion de magasin
Article à jour en octobre 2026. Les références réglementaires sont données à titre d’information et ne remplacent pas un conseil juridique.
